Le gratin de papaye verte est un plat fascinant de la gastronomie réunionnaise, tant par son histoire que par ses spécificités culinaires. Voici quelques éléments intéressants à savoir sur cette recette :
Bien que la papaye soit un fruit tropical bien connu lorsqu'elle est mûre (jaune, sucrée et parfumée), elle est utilisée comme un légume lorsqu'elle est cueillie verte. À ce stade, sa chair est ferme, blanche ou légèrement verdâtre, et son goût est très neutre. Elle absorbe ainsi magnifiquement les arômes des épices et des condiments avec lesquels elle est cuisinée.
La cuisson initiale de la papaye se fait à l'étouffée, une technique locale appelée le "touffé" (ou étouffé). On fait dorer les condiments (oignon, ail, thym), puis on ajoute le légume qui va cuire lentement dans son propre jus et à la vapeur, sous un couvercle. C'est cette étape qui permet à la papaye de perdre son amertume et de devenir extrêmement fondante avant le passage au four.
Si le gratin de papaye verte est souvent servi comme accompagnement pour adoucir le piment d'un cari ou d'un rougail, il est parfois enrichi pour devenir un plat principal. On peut alors y ajouter des lardons fumés, des restes de boucané (lard fumé local) ou du jambon émincé lors de la cuisson en touffé.
1 belle papaye verte (environ 1 kg).
1 oignon.
2 à 3 gousses d'ail.
1 morceau de gingembre (facultatif, selon les goûts).
Quelques branches de thym frais.
Sel et poivre noir.
Un filet d'huile végétale (pour la cuisson).
La sauce béchamel :
40 g de beurre.
40 g de farine.
50 cl de lait.
1 pincée de noix de muscade râpée.
Pour gratiner :
100 g à 150 g de fromage râpé (emmental, gruyère ou "coco d'mort" (nom de l'édam à la Réunion).
Certains ajoutent de la chapelure mélangée au fromage pour obtenir plus de croustillant.
1. Préparation de la papaye
2. La cuisson de la papaye (le "touffé")
3. La sauce béchamel
4. Le montage et la cuisson du gratin
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À La Réunion (974), le gratin de papaye verte est un mets très apprécié qui trouve naturellement sa place sur la table créole. Il sert principalement d'accompagnement pour adoucir le feu des plats épicés, mais il peut aussi être le cœur d'un repas.
Voici comment l'accompagner traditionnellement ou de manière plus moderne :
1. Les accompagnements traditionnels (les caris et rougails)
Dans la structure d'un repas réunionnais classique, le gratin vient compléter l'assiette composée de riz, de grains (haricots, lentilles ou pois) et d'un plat en sauce. La douceur et le crémeux du gratin de papaye contrastent à merveille avec :
2. Les viandes et poissons grillés
Si vous préférez un repas moins lourd sans le traditionnel "riz-grains", le gratin de papaye verte remplace idéalement les pommes de terre ou les pâtes :
3. Les salades (pour un repas léger)
Puisque le gratin contient déjà une sauce béchamel et du fromage, une touche de fraîcheur et d'acidité est idéale pour équilibrer le repas :
4. Les variantes à intégrer directement dans le gratin de papaye.
Pour transformer le gratin de papaye verte en un plat unique et complet, vous pouvez y incorporer directement des protéines lors de l'étape de la cuisson à l'étouffée (le "touffé") :
À la Réunion (974), la papaye ne se déguste pas qu'en fruit sucré ; quand elle est verte (c'est-à-dire pas encore mûre), elle se cuisine comme un légume et sa texture rappelle celle de la courgette ou du chayote (chouchou), mais avec un fondant absolument unique.
Le gratin de papaye verte est le plat du dimanche par excellence à la Réunion. C'est l'accompagnement idéal pour contraster avec la force d'un bon cari ou d'un rougail saucisses, mais il est tellement gourmand qu'il peut aussi se suffire à lui-même avec une petite salade.
La magie de ce plat réside dans le contraste entre la texture fondante de la papaye verte, le parfum des épices locales et la générosité d'une bonne béchamel bien gratinée. Ce gratin s'accorde à merveille avec les plats en sauce réunionnais. Il apporte une touche de douceur qui adoucit le piment des caris. C'est un incontournable des repas de famille où l'on prend le temps de savourer les bonnes choses.
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Le chef Christian Antou, figure emblématique de la valorisation du patrimoine culinaire réunionnais à travers son association Goutanou, avait une approche très précise pour cuisiner la papaye verte. S'il aimait la décliner sous de nombreuses formes (en achards, en choucroute créole ou même en soufflé), ses conseils fondamentaux éclairent parfaitement la réussite d'un bon gratin réunionnais.
Voici les grands principes et conseils inspirés de sa philosophie en cuisine :
Christian Antou insistait beaucoup sur le traitement du latex de la papaye verte. Ce suc blanc, très collant, peut donner de l'amertume si le légume est mal préparé. Ses conseils : bien laver la papaye après l'avoir pelée.
Dans l'esprit de la cuisine traditionnelle qu'il défendait, la coupe du légume est primordiale pour la texture finale en bouche. Pour la papaye verte en gratin ou en soufflé, deux écoles s'affrontent, mais le résultat doit toujours être harmonieux :
Soit râpée grossièrement : ce qui donne une texture fondante et homogène qui s'amalgame parfaitement avec la sauce.
Soit coupée en dés très réguliers et fins, pour s'assurer d'une cuisson uniforme lors de l'étape du "touffé".
Pour Christian Antou, la base d'un bon plat de légumes créole repose sur l'assaisonnement de départ. Il ne s'agit pas juste de cuire le légume, mais de lui donner du caractère :
Il rappelait toujours l'importance de bien faire suer les oignons et les épices (ail, thym, parfois gingembre) dans un peu de matière grasse avant d'ajouter le légume.
La cuisson doit se faire à feu doux, à couvert. Le légume doit cuire dans sa propre eau de végétation. Si la papaye rend trop d'eau, le chef conseillait de bien faire réduire le jus en fin de cuisson à découvert, car un légume gorgé d'eau gâcherait la tenue de la béchamel et du gratin.
Si vous aimez son approche, sachez que Christian Antou proposait une variante encore plus gastronomique et aérienne du gratin traditionnel : le soufflé de papaye verte.
Sa technique consistait à préparer la papaye en touffé et la béchamel de manière classique.
Ensuite, hors du feu, il intégrait des jaunes d'œufs à la préparation, puis il y incorporait délicatement des blancs d'œufs montés en neige ferme (en deux fois : un tiers au fouet pour détendre la masse, puis le reste délicatement à la spatule en soulevant la pâte).
Le tout était cuit dans des ramequins beurrés à four chaud (200°C à 220°C) pendant 15 à 20 minutes. Une excellente idée pour revisiter le gratin avec une touche de légèreté "à la française" tout en gardant l'authenticité des saveurs réunionnaises.
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